Vers un théâtre multimédia
lundi 01 février 2021

La vidéo, et plus récemment le podcast, sont des outils de médiation dont s’emparent les compagnies, sur et hors scène, afin de poursuivre et diversifier la médiation et la création théâtrale auprès des publics. 

 

Écran Rouge 

Cette année le théâtre des Célestins a initié un partenariat avec la Ciné Fabrique, l’Ecole Nationale Supérieure de Cinéma ouverte à Lyon depuis maintenant quatre ans. Le théâtre se propose ainsi de faire office de vivier pour les promotions sortantes de l’école à qui il commande des courts-métrages inspirés de sa programmation et produits par la jeune maison de production “Butternut Productions” fondée, elle-aussi, par deux anciens de la première promotion de la CinéFabrique, Louise Petit et Bruno Morat. Les deux premières réalisations du projet, Gondole d’Elsa Thomas et Cyclope d’Arthur Villalongue, visibles en ligne sur le site d'Écran Rouge, s’inspirent ainsi de thématiques présentes dans la programmation de la saison 2019-2020. Un nouveau court-métrage inspiré de la programmation 2020-21, Amoureuxe de Malo Maëlle Vauchel, a été diffusé courant décembre sur le site d'Écran Rouge et ouvrira le bal des productions consacrées à cette nouvelle saison théâtrale. 

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Nous avons également rencontré Pierre-Yves Lenoir, co-directeur des Célestins, et Elsa Thomas et Malo Maëlle Vauchel, réalisateurices de deux courts-métrages réalisés pour Écran Rouge. Découvrez notre nouveau podcast ci-dessous : 

 

La Plateforme du NTH8 

Du côté du NTH8, la compagnie des Trois Huit s’empare de la forme du documentaire pour ouvrir une fenêtre sur le quartier du 8e. Plusieurs séries de courts-métrages tournés par les membres de la compagnie en collaboration avec des habitant.e.s du quartier sont ainsi disponibles sur la plateforme Ici. Parmi ces projets, la série “Un théâtre ouvert sur la ville” tournée par Maëlys Meyer et Vincent Bady ouvre un dialogue entre les acteurices du NTH8 et les habitante.s du 8e auquel iels donnent la parole. L’occasion de raconter leur quartier à travers des pastilles courtes qui interrogent la place du théâtre au cœur de la ville et la possibilité d’inventer et réinventer les espaces publics par le collectif. 

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Les Petits Bruits des Clochards 

Dans une toute autre ambiance, le Théâtre des Clochards Célestes s’est emparé du format du podcast pour initier une véritable proposition de création auditive et théâtrale. “Les petits bruits des clochards” se compose de huit épisodes courts qui proposent de faire entendre aux spectateurices les moindres bruissements qui parcourent les répétitions des compagnies jusqu’à la représentation. Un projet rendu d’autant plus particulier qu’il a su capter le sentiment du temps suspendu du confinement, puisque le podcast qui fait entendre les rires des spectateurices, le brouhaha de la salle, la parole des acteurices, s’achève sur une note très émouvante puisqu’il capture les bruissements de la dernière pièce qui aurait dû être jouée au théâtre des Clochards Célestes en mars dernier. Pour ce dernier tour de scène, Rita Pradinas et la Compagnie Alice entraînait les spectateurices dans le sillage de Victorine Galaxia, une héroïne féministe inspirée par l’ouvrage Ni vue, ni connue du collectif Georgette Sand. Entre conférence académique, cabaret show et performance théâtrale, Les Métamorphoses de Victorine Galaxia, véritable ôde à l’histoire oubliée de femmes et artistes du XXIe siècle résonnait profondément avec le silence imposé aux théâtres par le confinement. 

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La création continue aux Célestins 

Le podcast a également été un outil de création et de contact privilégié par les théâtres durant le confinement, afin d’entretenir le lien entre les compagnies et les publics. Le théâtre des Célestins a par exemple mis en ligne sur la plateforme Soundcloud, le 24 novembre, un premier épisode consacré à Ivres d’Ivan Viripaev mis en scène par Ambre Kahan. La metteuse en scène y interroge les possibilités de “témoigner de l’art vivant aujourd’hui alors que tout est mis en sommeil” dans cet épisode qui mêle réflexions, bruits de la scène, dialogues et musiques, seuls vestiges de cette pièce qui n’aura pu être jouée aux Célestins à l’annonce du second confinement. 

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